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Les TBI - Tableaux Blancs Interactifs

par Michèle Drechsler - INRP

Par Arnaud Klein • Projets Innovants • Lundi 02/03/2009 • 0 commentaires  • Lu 7254 fois • Version imprimable

Note : 2.9/5 (32 notes)

Conférence internationale pour la solidarité numérique à Lyon : les TBI au secours de l’éducation numérique en Afrique

Source : Ecrans de veille en éducation

La ville de Lyon a accueilli le 24 novembre 2008 une conférence internationale pour la solidarité numérique organisée conjointement par le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, la Région Rhône-Alpes, la Communauté Urbaine de Lyon, [1] l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique, le [2] Fonds mondial de solidarité numérique. Cette conférence fait suite aux [3] Sommets Mondiaux de la Société de l’Information de 2003 et 2005 de Genève et Tunis qui ont donné lieu à la création du Fonds et de l’Agence Mondiale de Solidarité Numérique. Les objectifs du Fonds Mondial de Solidarité Numérique visent à réduire la fracture numérique, mettre les technologies de l’information et de la communication au service du développement et construire une société de l’information solidaire et inclusive. Près de 300 personnalités ont participé dont plusieurs chefs d’Etat et de gouvernements, des responsables de collectivités territoriales, d’organisations internationales, d’ONG d’entreprises et de fondations pour réfléchir au problème de la fracture numérique. L’organisation d’ateliers interactifs a permis de nombreux échanges sur plusieurs axes prioritaires comme l’éducation, la santé, le réemploi, le recyclage des déchets numériques et la connectivité des zones enclavées.

Compte-rendu de l’atelier Education

Le TBI a été le sujet central de cet atelier. A l’instar de l’Angleterre qui a mis en place une intégration généralisée des TBI il y a six ou sept ans avec un équipement dans presque toutes les classes, le [4] projet Education Numérique pour Tous initié par le [2] Fonds Mondial de Solidarité Numérique repose sur un programme massif de diffusion du tableau blanc interactif sur le continent africain avec l’organisation de communautés enseignantes productrices de ressources. L’opération «1 tableau numérique acheté, 1 tableau blanc interactif offert» du FSN vise à inciter les pays développés à équiper leurs classes en TBI, en leur permettant à la fois de bénéficier de technologies « low cost » et de participer à la solidarité numérique. Pour [5] Alain Madelin, « Le principe en est simple : si nous pouvons fournir à ces pays des TBI « low cost » pour l’ équipement de leurs écoles, le coût marginal d’un programme numérique éducatif étant nul (à la différence d’un manuel scolaire supplémentaire) nous leur permettons d’engager la révolution du numérique éducatif en même temps que les pays les plus riches. C’est le fameux «leap frog» qui permet aux pays les moins développés de sauter une étape technologique pour bénéficier des derniers progrès». Alain Madelin y voit l’occasion de « faire la révolution éducative sans frontières et sans fractures ». [6] Pour en savoir plus

Lors de cet atelier, le  principe du TBI a été présenté. Les questions débattues étaient nombreuses : quels sont les bénéfices apportés par cet outil numérique dans les pratiques pédagogiques?  Les échanges ont permis de soulever la question de la place du TBI pour le développement d’une culture numérique en Afrique.  Dans quelles mesures, la généralisation des TBI peut-elle venir au secours de l’éducation numérique en Afrique ? Cette dernière doit-elle passer uniquement par les TBI ? La place incontournable des ressources libres pour l’éducation avec le développement de communautés de producteurs autour des [7] OER n’est pas passée sous silence. Les besoins en formation visant la possibilité de produire des ressources adaptées aux réalités africaines ont été abordés. L’association  [8] REPTA (Réseau Education Pour Tous en Afrique) était présente. Elle  focalise l’essentiel de sa réflexion et de son action sur la possibilité d’intégrer le TBI sur le continent africain. Des expérimentations sont déjà prévues en 2009 dans cinq pays d’Afrique et, dans un [9] projet numérique pilote, le Burkina sera le premier pays en voie de développement à bénéficier des TBI.  Le  site «Sankoré»  en cours de développement par le  FSN prévoit de regrouper les ressources numériques autour du TBI.

L’adaptation au contexte africain est posée

La généralisation du TBI doit aussi surmonter des difficultés liées aux problèmes de désenclavement, de connexion, d’équipement car comme indiqué sur le [9] site du consulat du Burkina Faso, «la généralisation des TBI reste difficilement envisageable dans l’état actuel des choses. Les raisons sont multiples : le réseau électrique est loin d’avoir couvert le pays (seules les grandes villes et quelques villes moyennes bénéficient de l’électricité). Ces TBI reviennent très chers et sont donc difficiles à envisager dans le budget du pays, alors que beaucoup d’écoles sont encore à construire. La formation des enseignants fait  d’une manière générale  cruellement défaut et les classes sont surchargées (80 à 120 élèves).»

Du tableau noir traditionnel au tableau blanc interactif. Quels changements ?

Quelles sont les spécificités du TBI par rapport au tableau noir ? Quels sont les bénéfices pour les apprentissages ?

Une étude a été menée en France  en 2005 ([10] Rapport ERT34 - Hypermédias et apprentissages, IUFM Toulouse - Benoît Jeunier, Agnès Marcillo-Barteilla, Jean-François Camps, Andre Tricot, 2005). Elle s’inscrit dans un processus d’évaluation de l’utilisation des TBI dans l’enseignement primaire mis en place grâce au partenariat entre le ministère de l’éducation nationale et cinq constructeurs de TBI.  L’équipe de recherche y donne également des recommandations concernant l’installation, le matériel et la formation.

Voici quelques extraits  du rapport:

«63 % des enseignants demandeurs ont perçu le TBI comme un outil venant en complément d’une séance pédagogique.»

«Un des usages inattendus du TBI est de favoriser davantage le travail en équipe pédagogique.»

«Le TBI peut être une aide au développement positif de l’estime de soi. Plus besoin de se cacher pour un exposé ou une démonstration au tableau. »

«Le TBI paraît être le point focal lorsqu’il est utilisé. La possibilité de revenir en arrière et de permettre de mieux articuler les leçons entre elles, donne du sens aux apprentissages. »

«Apporter des animations est essentiel pour la compréhension et l’assimilation de nouvelles connaissances.»

D’autres chercheurs ont travaillé sur la question comme Robyn Zevenbergen (Griffith University), Steve Lerman (London South Bank University). Dans leur [11] rapport de 2008, « learning environment using interactive whiteboards : new learning spaces or reproduction of old Technologies ? » [12] 1, ils posent la question des environnements d’apprentissage avec les TBI.  Sont-ils  vraiment de nouveaux environnements pour les apprentissages ou sont-ils une simple reproduction du tableau noir ou du vidéoprojecteur ?

Dans une première partie de leur article, ces auteurs se réfèrent aux résultats de différentes recherches menées entre 2000 et 2008. Armstrong et al. (2005) ont montré qu’il y avait une tendance à utiliser les TBI comme une extension d’un tableau non digital. Beauchamps (2004) insiste sur le fait que la transition de l’enseignement traditionnel avec un tableau noir à l’intégration du TBI suppose un changement du style pédagogique de l’enseignant. Pour lui, les enseignants doivent découvrir les potentialités du TBI et cela suppose un investissement considérable. En effet, ils doivent développer leurs compétences techniques aux côtés de leurs compétences pédagogiques.  Pour Glover et Miller (2002), les enseignants ont besoin de reconnaître l’interactivité  dans les usages des TBI. Ils  recommandent aux enseignants de les utiliser fréquemment pour qu’ils puissent développer leurs propres répertoires de compétences dans la réalité de leur classe.  Dans une seconde partie de leur article, Robyn Zevenbergen et Steve Lerman s’appuient sur la théorie de l’activité ([13] Activity theory d’Engeström) pour comprendre les usages des TBI et  expliquer les processus de changement et les tensions qui sont en jeu au niveau des enseignants. Dans un autre [14] article, Robyn Zevenbergen analyse  en détails ces tensions  liées à l’usage des TBI.

L’étude de Robyn Zevenbergen et Steve Lerman nous montre que le TBI a été utilisé majoritairement pour les introductions rapides des leçons pour la classe entière. Il s’avère qu’une utilisation pour l’ensemble du groupe «classe» pourrait éventuellement étouffer la participation et l’engagement des étudiants. Pour ces auteurs, il faut réorganiser la pédagogie en encourageant l’interaction, la collaboration dans des groupes plus restreints, utiliser des outils et des ressources adaptés  favorisant les situations-problèmes et les échanges entre les élèves.

[15] L’agence des usages s’est également penchée sur l’utilisation du TBI pour les cours collectifs et les exercices interactifs. Dans  un [16] article, Géraldine Charles-Dominique et Mônica Macedo-Rouet traitent de deux aspects de l’usage du TBI : les cours collectifs et les exercices associés à des boîtiers électroniques.  Les auteurs font référence à  une étude  qui montre que «les enseignants et élèves apprécient d’enrichir leurs cours avec des ressources interactives. Deux recommandations pour les cours : coupler la technologie avec une pédagogie spécifique, maîtriser le rythme des séances. Concernant les boîtiers, il est recommandé de donner un retour aux élèves sur “pourquoi” une réponse est vraie ou fausse.»

Le TBI, un outil pour une médiation cognitive

A côté du  problème crucial de l’équipement et  de la connectivité des zones enclavées d’Afrique,  l’introduction du TBI pose la question plus générale de l’intégration des outils technologiques dans les pratiques de classe. Comprendre comment gérer les apprentissages avec la technologie est essentiel. Montrer les bénéfices apportés par l’interactivité pour les apprentissages grâce au numérique est primordial et comme le précise Maria Klawe, doyenne des sciences informatiques à l’Université de la Colombie-Britannique, « la façon dont l’enseignant interagit avec les élèves par rapport à l’emploi de la technologie est très importante».  De nombreuses études ont prouvé que lorsque l’enseignant affiche une attitude positive à propos de la valeur de la technologie ou des logiciels, les résultats d’apprentissage des élèves s’améliorent.  Il reste à convaincre les enseignants d’utiliser les TBI pour faciliter les apprentissages dans l’ensemble des disciplines.  Promouvoir les usages du TBI à partir de pratiques qui ont fait leur preuve, accompagner les dispositifs intégrant les TBI peuvent favoriser la généralisation de ces outils. En attendant,  le déploiement progressif des TBI  nous invite à repenser à la définition du mot «apprendre» en nous référant aux différentes théories de l’apprentissage. Avec les tableaux blancs interactifs, l’enseignant devient  celui qui accompagne les élèves dans des activités didactiques où ils sont en position d’avoir à comprendre, à agir. Avec les TBI véritables outils  pour une médiation cognitive, les enseignants sont invités à se positionner comme une «personne ressource» dans des dispositifs de mise en activité des élèves. Ceci rejoint la position de la commission internationale de l’UNESCO sur l’éducation pour le vingt-et-unième siècle et qui évoque  l’évolution du métier d’enseignant. « Celui-ci sera de plus en plus appelé à établir une relation nouvelle avec l’apprenant, passer du rôle de soliste à celui d’accompagnateur, devenant désormais non plus tant celui qui dispense les connaissances que celui qui aide ses élèves à trouver, à organiser et à gérer le savoir».

Pour aller plus loin

Pour retrouver [17] les moments forts de la journée, et [18] le texte de déclaration de Lyon sur la solidarité numérique
Source : Ecrans de veille en éducation 


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