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InnovAfrica

InnovAfrica : la fête de l'Innovation Africaine
Pour la quatrième fois en Afrique Sub-Saharienne, un évènement, le Forum InnovAfrica, permet
 la mise en réseau des porteurs d'initiatives sur les usages innovants dans le Sud en matière de technologies et d'innovation sociale. 

Forum InnovAfrica du 26 au 30 novembre 2012 à Dakar (Sénégal)
>> Plus d'information sur le Forum InnvoAfrica 2011 de Ouagadougou, cliquer ici. <<

Internet en Afrique - Pourquoi c'est si cher ?

par Anne-Laure Marie de Radio France Internationale

Par Arnaud Klein • Dossiers • Mercredi 19/11/2008 • 0 commentaires  • Lu 3148 fois • Version imprimable

Note : 3.1/5 (30 notes)

 

 

(Photo : AFP)

(Photo : AFP)


Si on résume les interventions des internautes sur le sujet (1), il y a un premier thème qui ressort : monopole ou duopole, c’est l’absence de concurrence qui fait grimper les tarifs. De , ou Tananarive, vos réactions sont convergentes. Pour Fabrice «au , il n’y a pas de compétition », quand Doudou évoque pour le « des fournisseurs d’ en situation de monopole, raison pour laquelle les offres sont plus ou moins élevées »…Enfin, «en l’absence de services de défense des consommateurs », Houssein à craint de se retrouver « même dans le cas de plusieurs opérateurs, avec une entente des prix ».

 

 

Le manque de concurrence, première cause des tarifs de l’ en  ? C’est aussi la thèse de Russel Southwood, directeur de la publication de la revue Balancing Act, qui, s’il devait résumer la question, dirait que le prix de l’ est plus élevé en francophone parce qu’il n’y a « aucune concurrence ou une moitié de concurrence ». Selon ce spécialiste des de l’information en , à moins de opérateurs privés dans un même , les prix ne sont pas impactés par la concurrence. « En plus, les d' francophone ont entamé la libéralisation des plus tard que les anglophones (dans les années 2000 ndlr) ce qui a retardé le processus de compétition. Nous avons fait une étude sur le sujet, et en moyenne, oui, les prix sont plus élevés en francophone, même s’il y a des exceptions.» ( en du Nord, le , La Tunisie et l' ndlr)

 

Les poids lourds de la téléphonie en

De fait, les opérateurs privés qui ont investi le marché des ces dernières années en ne sont pas très nombreux. L’Union internationale des en dénombre sept principaux (2) parmi lesquels Orange, autrement dit Telecom. Classé en dernière position juste derrière Télécom, filiale florissante de Vivendi, le groupe progresse toutefois rapidement sur la carte de l’ où il opère dans douze , à majorité francophones. Certes, ses 35 millions de clients africains sont surtout des abonnés au téléphone portable, principal moteur d’une croissance de  « + 40 % du parc du groupe ces trois dernières années » selon la direction du groupe. Mais pour de nombreux internautes, Orange est aussi le principal fournisseur d’ « Au , nous vivons une situation dans laquelle, un petit groupe de sociétés avec en tête la multinationale Orange, offre ses services de connexion à l'ensemble de la population. Cette situation de duopole (avec l’opérateur historique ndlr) est pour beaucoup dans la chèreté des coûts d' », regrette Cheick Sagara depuis . Rennard est directeur exécutif d’Orange pour la zone , selon lui, ce ne sont pas les conditions internes à chaque qui sont en cause dans le coût des connexions, c'est le coût d' aux liaisons internationales

 

Marc Rennard

Directeur exécutif d’Orange pour la zone

écouter 01 min 27 sec


Ce qu'omet de dire Rennard toutefois, c'est que Telecom via l'opérateur historique sénégalais, la Sonatel, est en grande partie responsable des tarifs de connexion sur les liaisons internationales.(3)  

En , 7 connexions sur 10 passent par l’international

7 connexions sur 10 en transitent par l'Europe ou les Etats-Unis selon  l’Union Internationale des Télécommunications, presque 10 sur 10 au selon l'opérateur Télécom. En clair, consulter une page à partir d'un africain suppose la plupart du temps une connexion via le satellite ou le câble sous-marin pour accéder à l'information requise. Et contrairement à ce que dit le directeur d'Orange pour l', le processus est le même pour l'échange de locaux ! Un membre de l’Atelier des Média qui écrit de à un autre internaute, dakarois lui aussi, mais n’ayant pas le même fournisseur d’ peut-il imaginer que son mail passe par les Etats-Unis ou l’Europe ? Un voyage facturé au final 400 millions de dollars par an en , selon le responsable de la réduction de la chez Alcatel-Lucent, Thierry Albrand.

Les points d’échange , le chainon manquant en francophone

Même si les internautes africains ne consultaient que des sites hébergés en , leurs connexions continueraient donc de transiter par l’international…Faute d’infrastructures au sein même des , de carrefours où peuvent se rencontrer les fournisseurs d’, ce que les anglophones appellent les "IXP" pour points d’échange .      « La première raison d’être d’un point d’échange est de garder le trafic local au niveau local et d’éviter justement le recours à des passerelles internationales très onéreuses », selon un rapport récent de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique. Economiste au sein de l’OCDE, Karine Perset précise :

Karine Perset

Economiste au sein de l’OCDE


En vert, les pays où il n'y a pas de (IXP) point d'échange internet.© Network Startup Resource Center

En vert, les où il n'y a pas de (IXP) point d'échange .
© Network Startup Resource Center

Parmi toutes les cartes de l’ en , celle qui recense les Points d’échange internet est donc particulièrement éclairante. Quinze seulement en sont dotés sur le continent et quasiment aucun en francophone, à l’exception notable de la et de la . Or, même si l’ est une formidable ouverture au monde, ce qui intéresse le plus les internautes, tous confondus, est quand même le contenu local : « Oui, je trouve la plupart des informations que je dans  », nous écrit André de Douala, « mais elles ne sont pas adaptées à notre environnement parce que la plupart des informations recherchées sur parlent de l'étranger ». « Un autre élément qui n'encourage pas ou très peu les populations à aller vers , est le manque de locaux en ligne les concernant directement et facilement accessibles en langue locale », témoigne encore cet internaute malien. Alors pourquoi ne pas développer davantage de points d’échanges   ? Leur création ne coûte pourtant pas si cher selon Karine Perset, de l’OCDE

Karine Perset

Economiste au sein de l'Organisation Economique de Développement et de


Cette pénurie de carrefours d'échanges locaux en francophone, alors qu'ils sont largement implantés en anglophone. . « Outre qu'il n'y a pas beaucoup de locaux à échanger, il faut aussi savoir que presque toutes les adresses des gens en sont sur des serveurs internationaux », précise Annie Chéneau Loquay, directrice de au Centre national de la scientifique et présidente d' NTI. Il y a donc là un vrai travail de sensibilisation à faire auprès des populations, y compris au plus haut niveau.

Annie Chéneau-Loquay

Directrice de au Centre National de la Scientifique, Présidente d' NTI

 

Et puis surtout , rappelle Russel Southwood de Balancing Act, « quand il y a peu de fournisseurs d’ , quel intérêt pour eux de militer pour la création de carrefours d’échange ? » Là encore, les monopoles ou les duopoles n’incitent pas au changement. Prochaine étape de notre , si les connexions internationales sont chères en , pourquoi le sont-elles davantage qu’en Europe ou aux Etats-Unis ? Qui détient le marché des câbles de fibre optique qui assurent les liaisons internationales ?  Une  réalisée  avec la participation des membres de l’Atelier des Médias.

(1) Cet article est le deuxième d'une série sur le Prix de l' en réalisé avec la participation des membres de la web émission "L'Atelier des Médias", le Réseau International des correspondants francophones et les internautes de .

(2) Numéro 1 en nombre d’abonnés, le sud africain Mobile Telephone Network MTN , n°2 Vodacom ( du Sud) , n° 3 Orascom ( ), n°4 Zain anciennement Celtel ( racheté par le Koweït), n°5 Vodafone ( Grande-), n°6 Télécom ( Vivendi, ), n°7 Orange ( Télécom)

(3) Le coût des connexions internationales via les câbles sous-marins de fibre optique notamment sera l'objet du prochain article de cette série sur le prix de l' en

***

Source : http://www.rfi.fr/actufr/articles/103/article_68134.asp



 


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