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InnovAfrica

InnovAfrica : la fête de l'Innovation Africaine
Pour la quatrième fois en Afrique Sub-Saharienne, un évènement, le Forum InnovAfrica, permet
 la mise en réseau des porteurs d'initiatives sur les usages innovants dans le Sud en matière de technologies et d'innovation sociale. 

Forum InnovAfrica du 26 au 30 novembre 2012 à Dakar (Sénégal)
>> Plus d'information sur le Forum InnvoAfrica 2011 de Ouagadougou, cliquer ici. <<

Internet en Afrique - L'une des connexions les plus chères du monde

par Anne-Laure Marie de Radio France Internationale

Par Arnaud Klein • Dossiers • Mercredi 19/11/2008 • 0 commentaires  • Lu 2749 fois • Version imprimable

Note : 3.2/5 (33 notes)

Sommaire

Photo : certains droits réservés (licence Creative Commons)

 

Initié sur le de l’Atelier des Médias, cet article s’est construit avec la contribution des membres de l’Atelier, la participation du Réseau International de correspondants francophones et celle des auditeurs de . De ces échanges sur la en , la question du prix d' à l' a surgi comme l’un des obstacles majeurs à la connexion. Des témoignages confirmés par les chiffres de l’Union Internationale des Télécommunications : au regard des revenus des populations, la connexion en est, de loin, la plus chère au monde.

 

 

Des abonnements hors de prix

 

 

<strong>% des internautes par pays</strong>(Carte : RFI)

% des internautes par
(Carte : )

 

« Moi, j'habite à , nous écrit Houssen. Ici il y a de plus en plus d'innovations en matière d' mais le principal problème reste le coût qui reste très élevé. Par exemple, le coût de l'ADSL (le , ndlr) équivaut à 1 mois de salaire d'un ouvrier ».

Au Burundi, où Germain nous rappelle que l’ se fait par satellite, « une connexion 7 jours sur 7 et 24 h sur 24 coûte aux de l'ordre de 100 USD par mois. » Même écho en provenance du où, témoigne Nahmsath, « l'offre ADSL de l'opérateur historique frôle les 100 000 FCFA (140 € environ, ndlr) à l'acquisition pour le 128Ko. Et vous êtes autour de 54 000 FCFA TTC/mois (77 € environ, ndlr) d'abonnement pour le même »

« Prohibitif », « très élevé », le prix d’ à « plombe sérieusement la vulgarisation de l’ », selon cet autre internaute. Les coupures d’électricité mises à part (cette fameuse « fracture électrique » comme la surnomme Sam de et que vous êtes très nombreux à rappeler), le prix de la connexion apparaît comme un vrai frein au développement de l’ en , surtout pour les générations, les plus motivées pour se connecter.

A l’Union Internationale des Télécommunications, Vanessa Gray s’occupe de recueillir les indicateurs dans les 53 du continent et elle confirme : « Oui, eu égard aux revenus des populations, vous pouvez dire que la connexion en est la plus chère du monde ». 

On comprend mieux que l’usage des «  » comme on les appelle souvent (pour de l’Information et de la Communication) ait si peu progressé en depuis , partant de 4 % d’ à 5,5 % seulement aujourd’hui quand l’ensemble des en voie de développement passaient de 9 à 15 % d’. Et même si, comme le rappelle Mike Jensen dans son rapport sur « Les en , Etat des Lieux », le partage des médias fait que l'on trouve souvent près d'une dizaine de personnes derrière un seul compte , la progression reste faible.

« Et encore, rappelle Vanessa Gray, les 5,5 % sont largement le fait des deux extrêmes du continent. » En clair, si l’on retire l’ du Nord et celle du Sud, on est bien en dessous de ces chiffres. Comment pourrait-il en être autrement avec des abonnements qui représentent jusqu’à 1031 % du revenu mensuel d’un internaute burundais ?


Agrandir le plan


Se connecter au cyber café

A ce prix là, de toute façon, et hormis peut-être au où plusieurs baisses de prix successives ont attiré de nouveaux abonnés à domicile, se connecter à ne peut se faire autrement qu’en allant au cyber café.

Mais là encore, à part quelques internautes sénégalais qui estiment « qu’à 200 CFA l’heure, les prix des cybers à Thiès ou à sont abordables », ou cette internaute de Cocody, quartier huppé d’ qui rappelle que « certains établissements font des remises pour les élèves », surfer sur le Net « constitue encore un luxe » pour des étudiants comme Cheick. « Dans l', on a au net au prix de 0,30 euro soit 200 CFA, explique-t-il. Cela, grâce au soutien d'organismes tels que la Francophonie, l'Association des Etudiants Burkinabè en ... Mais hors du campus, l'heure coûte 300 CFA soit 0,46 euro ». Or, l’ le rappelle, dans les les plus pauvres, une différence de prix à la baisse, même minime, peut engendrer la venue de nouveaux .  

En outre, si on sort des capitales, le prix des cybers a tendance à augmenter. Président de l’association malienne Amis-, Lancinet Sangaré parle de fracture Sud-Sud au sein même des  :

 


Prendre son journal pour aller au cyber…

On raconte qu’en , les internautes vont au cyber avec leur journal où ils ont largement le temps de le lire pendant que les pages qu’ils veulent voir s’afficher apparaissent sur l’écran. Apparemment, la rumeur dit vrai. « Les cyber cafés prennent la connexion la moins rapide avec le maximum de postes, le consommateur final paie une heure de Net aux alentour d'un dollar, alors qu'en réalité, les téléchargements sont impossibles ou même quand c'est possible, cela prends un temps fou », nous écrit Jean-Louis de Kigali. « Loin des nombreux méga (mégabits, ndlr) de l'Europe, il existe toujours cette fracture », rajoute Hilaire d’.
Si les prix d’ sont chers, le , lui est donc plutôt lent. Un handicap majeur à l’heure où le reste du monde surfe à et échange photos, vidéos et autres fichiers de plus en plus longs à télécharger quand on est connecté à bas .  

Une difficulté de connexion attestée là encore par les chiffres officiels : à part dans 5 qui comptabilisent à peine 1% de connexions , sur le reste du continent, naviguer sur le Net en revient la plupart du temps à « aspirer un fleuve d’informations à travers une paille » pour reprendre l’expression du rédacteur en chef de la revue Balancing Act Russel Southwood.

Et quand notre internaute togolais nous explique qu’il doit payer 54 000 CFA par mois pour une connexion «  » à 128 kbp/s, on se rend compte des différences d’appréciation entre l’ et le reste du monde où la connexion , selon les de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique, l'OCDE, est au moins deux fois plus rapide puisqu’elle commence à 256kbp/s pour la réception de données.

Des prix en baisse quand même… mais pas partout à la même vitesse

L’arrivée de nouveaux opérateurs privés en , parfois même au sein du capital des opérateurs historiques dont ils ont acheté des parts, a quand même permis de faire baisser les prix, comme l’explique Karine Perset, économiste à l’OCDE.

 


L'arrivée de ces opérateurs téléphoniques attirés par l'envolée du téléphone portable a déjà fait baisser les prix d' à . « Il y a sept huit ans, l’heure de connexion était à 5 000 CFA au , rapporte Lancinet Sangare d’Amis-, contre 500 aujourd’hui ». Ce qui reste, on l’a vu, hors de portée de nombreux Maliens.

Tous les n’ont d’ailleurs pas bénéficié des mêmes baisses de tarifs y compris pour des offres émanant d’un même opérateur.C’est un des intérêts de l’étude sur l'impact du câble sous-marin SAT3 que vient de publier l’Association pour le Progrès des Communications, APC, étude que nous a recommandée François, membre de l’Atelier des Médias. On y apprend, entre autres, qu’Orange (autrement dit Telecom), un des poids lourds du marché de la téléphonie mobile et de l’ en occidentale facture 43 dollars par mois une connexion de 128kbp/s au contre 38 dollars pour un deux fois plus rapide au . Quant à la comparaison avec la , elle est encore plus étonnante puisqu'une connexion d'un mégabit par seconde vaut 31 dollars en contre 74 au  !

Pourtant, l'attente de prix plus accessibles est forte notamment chez les pour qui ces sont « une aubaine pour les populations africaines » pour reprendre l’expression d’un internaute qui ajoute : « Admettons tout de même que les gens se saignent à blanc pour profiter de ces services ». L', « ce jardin d’Eden habité par des fantômes », pour reprendre la vision de la Toile en par l’un de nos interlocuteurs, beaucoup sont déjà prêts à l'investir, pourvu qu'on leur en permette l'.

Prochaine étape de notre participative : pourquoi des prix si élevés ? Avec, si possible, votre collaboration et vos témoignages.

Pour réagir à cet article, le commenter ou y participer, rendez-vous sur le site de l'Atelier des Médias.

***
 
Source : http://www.rfi.fr/actufr/articles/102/article_67603.asp

 

 


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