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Lift France with Fing


18, 19 et 20 juin 2009
Marseille - Palais du Pharo
http://liftconference.com/

Intimité(s) Francophone(s)


Dans le cadre du thème photographique “intimité(s)” lancé par Afrique in Visu, plateforme d’échanges autour du métier de photographes en Afrique. Afriqueinvisu.org et Correspondants.org s’associent pour questionner les intimités des civilisations francophones.
à découvrir sur http://www.intimites-francophones.net

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Oeuvre participative pour rêver en vrai

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"et vous à quoi rêvez-vous ?"
www.lerevoir.org

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Correspondants.org - Le réseau des usages innovants du numérique dans le monde



Les usages innovants des technologies
Internet - Téléphonie - Radio - TV - Energie
en Afrique Francophone
Mali, Burkina, Sénégal, Côte d'Ivoire, Cameroun, Niger, Bénin, Togo, RDC
Le site : http://www.innovafrica.org/


 Réalisation d'un tableau blanc interactif

  • Denis
  • Mardi 02/02/2010
  • 11:54
  • Version imprimable

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Jean-Michel en avait parlé au forum InnovAfrica de Bamako du 14 au 18 décembre 2009;

Un groupe de travail intitulé "Faites le vous même" s'est rapidement créé et déjà, les résultats sont là:

Hugues Aubin  nous propose une petite vidéo de sa réalisation:

"Pour information j'ai réalisé le tableau blanc à mon domicile avec ce
mode d'emploi ( http://www.prtice.info/?voir=tnwii) et cela fonctionne bien.

J'ai fait une vidéo dans le temps... en utilisant mon écran de pc comme tableau blanc (pas de videoprojecteur à la maison)."

http://www.dailymotion.com/video/x87ojh_stylo-infra-rouge-et-wiimote-pour-g_tech


Si vous désirez proposer à vos amis de participer à ce groupe pour qu'ils réalisent (ou que vous réalisiez ensemble) les outils proposés sur cette
liste, dites leur d'envoyer un mail à l'adresse flvm+subscribe@googlegroups.com

 Présentation JM Cornu à InnovAfrica - Bamako 2009

  • Denis
  • Jeudi 21/01/2010
  • 11:33
  • Version imprimable

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Présentation de Jean-Michel Cornu

pour la soirée d’inauguration du Forum Innovafrica à Bamako

du 14 au 18 décembre 2009.


 

Thème : Les technologies émergentes : risques ou opportunités pour l’Afrique


 

Lorsque l’on s’intéresse à la prospective, le premier réflexe est d’aller chercher ce qui se fait de nouveau et d’intéressant dans les grands laboratoires. Plusieurs exemples ont été donnés qui montrent que la révolution du numérique est en train de sortir de l’écran : arrivée en nombre des robots, objets intelligents tel que le pinceau/caméra du MIT, objets usuels transformés avec la cape d’invisibilité du professeur Tachi au Japon…


Mais toutes ces technologies demandent des investissements lourds à la fois dans la recherche et pour leur réalisation industrielle. Si ces investissements ne sont pas faits ou pas possibles, il existe un risque de subir l’émergence des nouvelles technologiques le plus souvent en payant plus cher qu’avant. C’est le cas par exemple avec les OGM brevetés dont il faut racheter les semences tous les ans, c’est aussi le cas avec l’internet ou le trafic international est payé par le Sud quel que soit celui qui envoie ou reçoit (ce qui est l’inverse de ce qui se passait au début du téléphone)1. Heureusement, de plus en plus de pays d’Afrique installent des points d’interconnexion pour ne pas dépendre du Nord dans les communications entre eux.

Mais au-delà de réaliser de lourds investissements ou de subir, il existe une troisième voie : celle du « faire soi même » (« do it yourself » en anglais). Avec du temps, de l’astuce et de l’imagination, il est possible de réaliser de nombreuses choses pour un prix dérisoire, souvent pas plus de 1% du prix où est vendue la version classique.

La présentation a permis de montrer plusieurs exemples de ce que l’on peut réaliser dans divers domaines : le numérique, la fabrication, les nouvelles technologies émergentes et même dans les financements et la monnaie…

Faire soi-même dans le numérique

Il est possible de réaliser un tableau blanc interactif avec une télécommande WiiMote de la console de jeu Wii détournée de sa fonction (entre 30 et 40 €), une led infrarouge (1 €), une pile et un vieux stylo, là où les tableaux blancs interactifs sont vendus cent fois plus chers2.

Autre possibilité : bloguer sans disposer d’ordinateur ni d’internet afin d’échanger les bonnes idées à plusieurs. Il est ainsi possible de bloguer simplement en envoyant un SMS depuis son téléphone mobile. Pour cela il faut installer dans le pays (afin de ne payer que le coût local du SMS), un petit système qui relie un téléphone mobile (qui ne fait que recevoir les SMS, une simple carte Sim sans unités suffit) à un ordinateur connecté à l’internet. Il suffit d’une seule de ses installations pour tout le pays et il est sans doute possible d’avoir l’accord d’un fournisseur d’accès pour héberger ce dispositif qui consomme peu de bande passante mais rendrait de grands services (il existe une version intégrée, surnommée « hérisson », qui rassemble dans un même boîtier un ou plusieurs systèmes de réception de SMS avec carte SIM et antennes et un serveur informatique). Le système twitter est un système gratuit permettant le microblogging (des billets très courts de la taille d’un SMS) et il est facile d’y glisser des mots clés du type « #correspondants » pour indiquer qu’il s’agit du repérage d’une technologie ou d’un usage intéressant par exemple. Les différents billets très courts pourraient envoyer en numérique sur le satellite Worldspace qui est normalement dédié à la radio numérique mais permet également d’envoyer des données numériques. C’est déjà ce que fait l’ANPE du Mali en envoyant avec l’aide de RFI planète radio via worldspace les offres d’emplois. Celles-ci sont reçues dans un dispositif mis en œuvre par RFI, couplant un récepteur radio worldspace et un petit ordinateur. Ces systèmes sont installés dans des radios locales qui peuvent utiliser ces contenus pour fabriquer leurs programmes.

En installant un « hérisson » même artisanal et en utilisant le satellite Worldspace, il est ainsi possible de bloguer avec un simple téléphone mobile et de recevoir une agrégation de ce qui s’est dit sur un sujet par la radio. Bloguer sans ordinateur et sans internet (ou du moins sans que les utilisateurs aient accès à l’internet) permet de faire bénéficier au plus grand nombre de la formidable capacité d’intelligence collective de l’internet.


Faire soi-même n’importe quel objet

Mais une nouvelle révolution se profile : si avec l’ordinateur puis l’internet, il est possible pour le plus grand nombre de créer des contenus et de les mettre à disposition de tous, le même phénomène est en train de se mettre en place avec la fabrication.

Pour Neil Gershenfeld, directeur du center for bits and atoms au MIT, « la fracture de la fabrication et de l’instrumentation est plus grande que la fracture numérique ». Il a alors développé le projet fablabs3 : rassembler dans un même lieu mis à disposition de tout un ensemble de machines-outils commandées à partir d’un ordinateur. Il est ainsi possible de réaliser pratiquement n’importe quelle pièce en bois, en métal et en plastique dans ce lieu dont l’équipement représente actuellement environ 20000 $. Ces lieux ne sont pas à l’intérieur d’une entreprise mais ils sont ouverts à des innovateurs, des étudiants, des particuliers qui peuvent ainsi innover, créer de nouveaux objets et construire leur propre emploi. De nombreux Fablabs ont ouvert dans le monde, y compris au Sud (Ghana, 2 au Kenya, 5 en Afrique du Sud, Afghanistan, 5 en Inde, Iran, Costa Rica, Colombie, 11 aux USA, Islande, 4 aux Pays Bas, 2 en Norvège, 2 en Espagne). D’autres sont d’ores et déjà prévus en Chine, Ethiopie, Indonésie, Suriname, Angleterre, France, Suède... Les utilisateurs des fablabs choisissent de construire des objets très différents suivant leurs besoins ou leur culture : des instruments pour l’agriculture en Inde, des turbines à vapeur pour convertir l’énergie au Ghana, des antennes à haut gain…

Pour Neil Gershenfeld, « on n’a pas besoin d’un tel dispositif pour fabriquer un produit que l’on trouvera dans la grande distribution, mais pour fabriquer ce qui fait de nous un être unique. Les étudiants ont donc détourné mes machines pour inventer la fabrication personnelle ». L’artisanat, un des grands savoir-faire de l’Afrique pourrait se trouver révolutionné par ces dispositifs : aujourd’hui chacun désire un objet unique, différent du voisin. Pourquoi ne pas ainsi proposer des coques de téléphone mobile ou même des voitures uniques ? Avec le savoir-faire en artisanat de l’Afrique et la naissance de la fabrication personnelle de haute technologie, il serait possible à beaucoup de créer des emplois et d’exporter vers le Nord.


 

Les fablabs sont avant tout des dispositifs collectifs, car même si leur coût est sans comparaison avec une usine classique, ils nécessitent tout de même environ 20.000 $ (La Fing et différents partenaires est en train de lancer le projet FabLab2 qui doit permettre de fabriquer soi-même plusieurs des machines du Fablab pour en faire baisser le coût). Mais il est possible également de créer une pièce non plus en l’usinant (même automatiquement) mais en déposant de la matière couche par couche pour constituer la pièce à partir d’un modèle numérique en 3 dimensions réalisé sur ordinateur. On parle alors d’imprimante 3D. Ces imprimantes actuelles savent bien traiter le plastique et coûtent entre 30000 et 3000 €. Ainsi, lorsqu’une pièce est cassée, plutôt que de la jeter et d’acheter une pièce de rechange venant de l’étranger, il devient possible de réutiliser des déchets plastique, de les refondre et de créer soi-même la pièce de rechange…

Une des imprimantes 3D peu chère les plus intéressantes est la Reprap4. Il est possible de la construire soi-même à partir de matériaux de récupération pour un coût de 300 € ! Encore plus intéressant, la Reprap est capable de construire n’importe quelle (petite) pièce en plastique, dont les pièces pour construire une Reprap !


 


 


 


 

Il est également possible de construire soi-même des objets électroniques avec des systèmes peu chers, adaptables et libres (il existait du logiciel libre que l’on peut librement dupliquer et améliorer, il commence à apparaître du matériel libre…). C’est le cas par exemple du système Arduino.5


Ainsi, il est possible avec un investissement très raisonnable, de construire n’importe quelle pièce en plastique, ou même n’importe quel objet en métal, bois et plastique disposant même de circuits électroniques. Il serait possible de parler d’un artisanat 2.0 comme d’une étape post industrielle permettant la fabrication de pièces unique. Cette nouvelle étape change la donne et ouvre des possibilités importantes aux nouveaux pays qui ont une industrie peu développée. Elle leur permet une autosuffisance en terme de pièces de rechange mais également, en utilisant l’imagination et la créativité des populations, elle permet de proposer des produits innovants dans le monde entier et de se positionner en exportateurs. L’investissement est remplacé par l’imagination.

Faire soi-même des technologies émergentes

Les technologies émergentes sont parfois appelées NBIC par les américains (pour Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et Cognition). Elles sont réputées nécessiter des investissements pharaoniques, mais là encore, il est souvent possible de faire beaucoup avec très peu d'investissements et beaucoup d’imagination.


 

Des étudiants du collège royal d’arts à Londres ont ainsi le projet de réaliser un camion produisant des nanoparticules pour créer des nuages à la crème glacée6… Plus sérieusement, une machine de dépose de nanotubes de carbone (permettant de réaliser des capteurs divers) coûte 10000 €, ce qui représente un coût important mais sans commune mesure avec les investissements habituels dans la recherche en nanotechnologies. En biotechnologie, il existe des groupes de hackers (personnes développant des savoir-faire très pointus pour développer eux même des solutions. A ne pas confondre avec les « crakers » qui sont des pirates). C’est le cas par exemple groupe DIYbio qui a développé un séquenceur d’ADN pour 400 € !


 

Dans le domaine des neurosciences et des sciences cognitives également existent des groupes qui développent des solutions à faire soi-même comme le montre le dossier de Rémi Sussan sur « le cerveau, objet technologique7 ». L’arrivée de casques permettant une interface directe entre le cerveau et l’ordinateur (BCI, Brain Computer Interface) grâce à l’utilisation des ondes cérébrales ouvre également de nouvelles possibilités. Le casque mindset de Neurosky devrait être commercialisé dans les prochains mois au prix de 50 €…

1 Les accords de peering, ou comment le Sud Finance le Nord : http://www.correspondants.org/news/les-accords-de-peering-ou-comment-le-sud-finance-le-nord

2 Fabriquer un tableau numérique Wii pour 41 € : http://www.prtice.info/?voir=tnwii

 Barcamp Bamako - InnovAfrica

1er Barcamp au Mali - 15 décembre 2009

 Les Anges de la technologie

Quand les élèves forment leurs profs

  • Denis
  • Mardi 08/12/2009
  • 14:59
  • Version imprimable

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http://www.cursus.edu/?module=document&type=1&uid=70978&division=19

 Forum Innov@frica à Bamako

  • Denis
  • Lundi 07/12/2009
  • 11:26
  • Version imprimable

Mots-clés : ,


Après des échanges au Lift France à Marseille en juin dernier, le projet InnovAfrica est officiellement lancé. Une première rencontre des réseaux aura lieu à Bamako du 14 au 18 décembre afin d'identifier coordinateurs des Carrefours des Possibles et porteurs de projets

Découvrez le forum InnovAfrica sur le site http://www.innovafrica.org/

 Une Web émission pour la Côte d'Ivoire

  • Yoroba
  • Mercredi 18/11/2009
  • 12:14
  • Version imprimable

Le web est à vous... La radio aussi ! Avenue225 vient de lancer la toute première web émission centrée sur la Côte d'Ivoire. Une émission diffusée sur internet. Une radio en miniature qui fait ses premiers pas et qui espère prendre des proportions plus importantes d'ici quelques temps.

Rendez-vous donc tous les lundis. Faites courir le bruit.

Ecouter l'émission ici

 Mythes et réalités des usages mobiles

Le mobile n'est pas l'internet ...Hélas!

  • Denis
  • Mercredi 11/11/2009
  • 16:11
  • Version imprimable

Mots-clés :


Mythes et réalités des usages mobiles dans les pays en développement (1/3) : le mobile n’est pas l’internet… hélas

 
Par Hubert Guillaud le 10/11/09

MobileActive a publié une passionnante série d’articles allant plutôt à l’encontre du panégyrique de la mobilité dans les pays en développement, comme on le lit souvent. Non, les téléphones mobiles ne vont pas transformer d’un claquement de doigt les pays en développement, pas plus qu’ils ne mettront fin à la pauvreté.

“Le rôle des technologies de l’information et de la communication dans le développement humain, la croissance économique et la réduction de la pauvreté” a été le coeur d’un important colloque organisé par le Centre Berkman pour l’internet et la société de l’université d’Harvard et le Centre de recherches pour le développement international du 23 au 24 septembre 2009 sur le thème “communication et développement : la connexion de la liberté”. Le colloque a donné lieu à la publication d’un dialogue lancé par Randy Spence et Matthew Smith (voir sa traduction en français sur le site du CRDI) en réponse à un premier colloque sur la Pauvreté et les technologies qui avait eu lieu en 2003.

L’article de Randy Spence et Matthew Smith a donné lieu à un fructueux dialogue et de nombreuses réponses d’experts, critiques sur le développement des TIC dans les pays pauvres. Pour Ethan Zuckerman (blog), chercheur au Centre Berkman pour l’internet et la société, l’essor de la téléphonie mobile dans le monde en développement est allé à l’encontre de bien des prédictions des spécialistes. Par exemple, au lieu d’opter pour des solutions communautaires, offrant un accès partagé à l’information, comme on l’a longtemps cru, de nombreuses personnes démunies ont été disposées à payer des sommes importantes - parfois plus de 50 % de leurs revenus disponibles rapporte dans une étude (.pdf) le chercheur Steve Song (blog) - pour un accès personnel aux outils de communication d’aujourd’hui.

Un réseau de communication mobile n’offre pas le même potentiel que l’internet

“Nombre des comportements émergents que nous avons célébrés sur l’internet, ne vont pas pouvoir être transposés facilement dans un monde centré autour du mobile”, signale Ethan Zuckerman. Comme l’explique Jonathan Zittrain dans son livre sur L’avenir de l’internet, une grande partie du succès de l’internet vient de sa “capacité générative”. Or, rappelle Zuckerman, créer des fonctionnalités nouvelles sur un réseau de téléphonie mobile est beaucoup plus difficile. Des applications révolutionnaires comme le transfert d’argent via les téléphones mobiles ont été déployées en étroite collaboration avec des opérateurs de réseaux : nul ne sait si ceux-ci permettront à des systèmes concurrents de voir le jour, ou autoriseront le développement de fonctionnalités élargies sur le même réseau.

Aujourd’hui, rappelle Ethan Zuckerman, les applications mobiles dans le monde en développement se concentrent généralement sur la fourniture de services via les services de messages courts (SMS) (voir “Les pays pauvres réinventent le SMS, et l’avenir des mobiles”). Cela est dû à la fois à la nécessité de fournir des services sur un large éventail de dispositifs, et en partie à la relative facilité de déploiement de passerelles SMS. Pourtant des services basés sur la voix seraient mieux adaptés à des utilisateurs faiblement alphabétisés estime Zuckerman, mais pour cela, il faudrait plus encore avoir recours aux équipements des opérateurs. Or la simple utilisation de passerelles SMS pose parfois déjà problème. Ushahidi par exemple (voir “Que se passera-t-il quand nous porterons attention à l’Afrique ?”), cette plateforme de cartographie de crise qui permet aux citoyens de dénoncer la violence ou la fraude électorale par SMS, nécessite pour fonctionner des accords avec les opérateurs. Contrairement au système DNS décentralisé de l’Internet, l’attribution de numéros courts pour l’envoi de SMS est centralisée, ce qui donne aux opérateurs de télécommunications de nombreux pouvoirs, parfois insidieux, comme le contrôle de la promotion de plates-formes tierces, en refusant de délivrer des numéros faciles à mémoriser.

Parce que les réseaux de téléphonie mobiles sont centralisés, ils sont plus facilement contrôlables par les gouvernements que l’internet, rappelle également Zuckerman. Alors que le filtrage et la censure de l’internet sont souvent un jeu de chat et de souris comme l’illustre l’exemple chinois, il a suffi à l’Ethiopie de désactiver les services SMS en juin 2005 pour faire s’éteindre les protestations à l’encontre des fraudes électorales. Au Kenya, suite aux élections parlementaires et présidentielles de 2007, l’opérateur national a bloqué les services d’envoi en masse de messages SMS. Une mesure qui a été efficace pour limiter les incitations à la violence certes, mais qui a également coûté à l’opposition la perte de son plus précieux outil d’organisation. Grâce à la coopération des opérateurs de télécommunication, le gouvernement d’union nationale du Kenya a compilé une liste de 1700 utilisateurs qui avaient rédigé ou transmis des messages d’appel à la violence et envisage de les poursuivre en justice. On comprendra que cette facilité de surveillance et de contrôle paralysent certains développements. Des activistes russes qui avaient imaginé un système permettant de relever des faits de corruption par SMS ou appel téléphonique ont du faire marche arrière sous la pression de leurs utilisateurs qui craignaient des représailles…

“Alors que l’Internet n’était pas conçu pour assurer un anonymat fort, les défenseurs des droits de l’homme ont fini par l’adopter parce qu’il suffit de modestes efforts techniques pour dissimuler l’identité d’un individu. Ce qui est pour l’instant bien plus difficile avec les réseaux mobiles”, conclut Ethan Zuckerman. “Les tensions entre l’accès omniprésent offert par le téléphone mobile et la centralisation montrent la difficulté à prédire l’avenir des communications dans les pays en développement à partir de modèles nés dans les pays développés.”

Son collègue Yochaï Benkler ne dit pas autre chose, en rappelant le rôle capital qu’à joué la mise en réseau de l’information avec l’essor d’internet en matière de décentralisation de l’information, des connaissances et de la production culturelle qu’à joué la mise en réseau de l’information avec l’essor d’internet. Pour lui, comme il l’explique dans son livre la Richesse des réseaux, l’internet a bouleversé la structure capitalistique de la production d’information. Le problème est que les réseaux de téléphonie mobiles ne sont ni neutres, ni ouverts à la collaboration distribuée. “Quand nous pensons aux TIC pour le développement, nous devons comprendre que le défi est de focaliser sur la distribution généralisée de dispositifs de grande capacité dans les mains d’une population hautement qualifiée sur des réseaux ouverts qui fonctionnent avec des standards simples et non-propriétaires.” Il serait alors plus important de soutenir le développement de l’informatique personnelle plutôt que sur celui de la téléphonie mobile, à moins que les interventions réglementaires permettent de rendre ces réseaux plus ouverts et plus flexibles - ce qui semble tout de même loin d’être le cas.

Pour les deux chercheurs, il y a un risque évident à laisser se développer les seuls usages mobiles. “Les raisons qui ont fait des téléphones portables des embryons de plateformes technologiques si populaires dans les pays les plus pauvres, étaient qu’ils étaient beaucoup moins chers que les ordinateurs et qu’ils étaient basés sur des réseaux qui contiennent tout le savoir dans l’infrastructure, permettant l’accès à un équipement très bon marché.” Assurément, conclut Benkler, le risque est d’aboutir à une plateforme très éloignée de celle créative et productive à la fois dont nous bénéficions dans les économies développées

Source: http://www.internetactu.net

 1er Barcamp au Cameroun

7 novembre 2009 à Douala

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